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Violence

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J.- P. De Keraoul

J.- P. De Keraoul - Photo : RD

La tentative d'intrusion à main armée, coups de feu à l'appui, dans un dîner auquel participaient Donald Trump et plusieurs personnalités de son proche entourage, n'est pas qu'un fait divers spectaculaire. Quelles que soient les motivations affichées par son auteur, il témoigne au moins symboliquement d'une violence qui apparaît comme le seul moyen de mettre […]

La tentative d'intrusion à main armée, coups de feu à l'appui, dans un dîner auquel participaient Donald Trump et plusieurs personnalités de son proche entourage, n'est pas qu'un fait divers spectaculaire. Quelles que soient les motivations affichées par son auteur, il témoigne au moins symboliquement d'une violence qui apparaît comme le seul moyen de mettre fin à une situation hors de tout contrôle. Bien entendu, elle est totalement inacceptable et condamnable, mais comment ne pas voir qu'un discours politique et les opérations militaires qui s'en suivent, au mépris de la constitution américaine autant que des conventions internationales, alimentent une radicalité qui n'est plus seulement intellectuelle. Lorsque le président des Etats-Unis menace, un jour sur deux, l'Iran d'une destruction qui le ferait "revenir à l'âge de pierre", pronostiquant le lendemain "la fin de la guerre dans quelques jours", lequel faut-il croire ? A l'évidence, l'idée de contraindre par la seule puissance militaire le régime des mollahs à abandonner définitivement son programme nucléaire, voire à céder le pouvoir, a dû être abandonnée ; Trump en est donc à tenter l'asphyxie économique de l'Iran par le blocus de ses ports. Téhéran réplique en fermant le détroit d'Ormuz et l'on peut s'attendre à ce que soient trouvés d'autres canaux d'exportation de ses hydrocarbures et d'importation de biens essentiels. La population iranienne va souffrir, mais l'économie européenne et celle de pays d'Asie également. La hausse des prix des carburants oblige les gouvernements à aider les foyers modestes et les professions très exposées et l'on ignore pour combien de temps. La croissance, qui restait positive, est fragilisée, et l'on redoute une poussée inflationniste. Surtout, personne ne peut envisager l'issue d'une crise dans laquelle l'un des protagonistes agit essentiellement par impulsions. D'où un climat d'absolue incertitude, ennemie de la confiance de chacun en lui-même et de celle qu'il accorde aux autres, au sein de son environnement professionnel, social et politique. Mais d'où aussi un début de prise de conscience que les solutions brutales s'accordent mal d'un monde complexe.

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