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Résilience

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J.- P. De Keraoul

J.- P. De Keraoul - Photo : RD

Après bientôt trois mois de conflit en Iran et de fermeture du détroit d'Ormuz - dont on se demande encore comment elle n'avait pu être anticipée par les Américains, tant sa probabilité paraissait évidente - on commence à mesurer l'impact de l'événement sur l'économie française.

Avec une croissance nulle au premier trimestre et un taux de chômage qui franchit la barre des 8 % pour la première fois depuis 2021, on voit comment les fragilités de l'économie mondiale et les incertitudes géopolitiques pèsent sur l'activité et freinent les décideurs ; mais c'est surtout l'inflation qui est ressentie par les entreprises comme par les particuliers : + 2,2 % en avril sur douze mois, contre + 1,7 % en mars. Elle ne se traduit pas seulement par une hausse des prix du pétrole et du gaz, mais aussi par celle des matières premières, l'aluminium et le cuivre en particulier, avec des effets redoutables pour de nombreux secteurs de l'industrie. Quant aux consommateurs, ils ont déjà commencé à réduire leurs dépenses et à épargner lorsqu'ils le peuvent. Ainsi l'épargne-retraite a-t-elle atteint les 150 milliards d'euros, bonne nouvelle pour le financement à long terme de l'économie, mais mauvaise nouvelle pour la consommation, l'emploi et les finances publiques. Certes, ce retour de l'inflation va conduire mécaniquement à une hausse du SMIC (+ 2,4 % au 1er juillet), qui devrait soutenir la consommation, et le mix énergétique français, grâce au nucléaire, nous protège un peu mieux que d'autres sur les prix de l'énergie ; mais le gouvernement, soucieux ne pas laisser son budget déraper, pourrait être tenté par d'importantes mesures d'économie, ce qu'il a déjà commencé à ordonner pour six milliards d'euros. Au total, beaucoup de choses dépendront de la durée de la guerre, sachant que plus elle se prolonge, plus il deviendra difficile d'éviter des coupes claires et/ou des impositions "exceptionnelles". Nous voilà donc dépendants d'événements dont la conduite nous échappe très largement. Quoi qu'il advienne, la clé de notre résilience sera notre réactivité et notre capacité d'adaptation, vertus cardinales des armées comme des entreprises.

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