Tourisme à impact positif : les premières expérimentations sur le territoire Grand Lac

Grand Lac est un territoire de plus en plus attractif, entre lac et montagne. - ©Antoine Mesnage
En 2025, Aix les Bains Riviera des Alpes avait démarré son parcours de la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC) avec l'objectif de tendre vers une économie régénérative avant 2030. Au printemps dernier, l'agence nous présentait sa nouvelle démarche de tourisme régénératif, modèle touristique qu'elle commençait à expérimenter pour répondre aux besoins environnementaux et sociétaux, "un tourisme à impact positif qui répare le vivant et restaure la nature". Partenaires, collectivités, élus et professionnels du tourisme ont pu découvrir les premières expérimentations ce lundi 12 octobre au domaine de Marlioz.
Prendre soin du territoire
"Comment faire évoluer les modèles touristiques pour répondre aux enjeux climatiques tout en continuant à créer de la valeur pour l'économie locale, les visiteurs et les habitants ?", telle est la réflexion menée par un collectif d'acteurs du territoire à l'initiative de Grand Lac et d'Aix les Bains Riviera des Alpes qui ont conjointement souhaité impulser une nouvelle forme de tourisme en faveur de la transition écologique. Cette volonté commune a été d'autant plus renforcée par la désignation officielle de "Réserve de biosphère du lac du Bourget, entre Rhône et Alpes" par l'Unesco. Renaud Beretti, président de Grand Lac, a salué un territoire "attractif, entre lac et montagne, avec une hausse de la fréquentation depuis la période Covid qui a accentué ce besoin de nature, de ressourcement et de raccordement aux choses essentielles. Pour ces raisons, nos concitoyens, français ou étrangers, prisent notre territoire, et évidemment aussi grâce à l'accueil de qualité des hébergeurs, des commerçants et des particuliers". Le tourisme à impact positif, c'est donc prendre soin du territoire, pour le rendre dans un meilleur état qu'on ne l'a trouvé en arrivant, c'est comme transformer le touriste "consommateur" en un voyageur "bienfaiteur".
Economie régénérative, territoire de fraîcheur, œnotourisme durable...
Florian Hugonet, directeur général du Domaine de Marlioz, qui participe à l'une des trois premières expérimentations, évoque plusieurs de ses priorités : préserver la ressource en eau, initier des projets solidaires et associer les acteurs du territoire. "Par exemple, souhaitant reforester le parc du domaine, nous aurions pu tout simplement acheter des arbres et les planter. Mais nous avons choisi d'associer une école, en l'occurrence le lycée Reinach dont les étudiants ont travaillé ce concept qui est devenu leur projet pédagogique". Il ajoute que, fort de cette première expérience réussie, le partenariat va se poursuivre avec le projet de création d'un potager pédagogique et d'un parcours arboricole. Côté solidarité, "nous avons décidé de nous rapprocher de trois associations, l'ESAT, les Restos du Coeur, Nos P'tites Étoiles, pour des actions en collaboration". Les deux autres expérimentations sont "territoire de fraîcheur, innover face aux enjeux climatiques" ou comment le tourisme peut-il répondre au besoin de fraîcheur nécessaire à la santé des personnes tout en facilitant l'accès à des espaces adaptés ? (dispositif expérimenté cet été par ValVital, l'Office de tourisme et Grand Lac), ainsi qu'une offre d'œnotourisme durable développée avec les viticulteurs du label Vignobles & Découvertes.
"Mon rôle est de diffuser au niveau national tous les beaux projets portés"
Juliette Ruel, responsable de projet et d'animation du réseau national des Acteurs du Tourisme Durable, a félicité les acteurs déjà engagés dans cette démarche de tourisme régénératif. "Il y a trois ans, nous étions ici à Aix-les-Bains parmi 465 professionnels de toute la France pour les Universités du Tourisme Durable. C'est vraiment chouette de revenir et de voir que depuis énormément de projets ont vu le jour. Je vous dis un grand bravo pour avoir mené tout cela, et je suis ravie de pouvoir découvrir concrètement ce que vous avez mis en place afin de pouvoir le mettre en lumière. Car mon rôle est de diffuser au niveau national tous les beaux projets portés".
"Philantourisme", ou comment donner du sens aux vacances
Elodie Manthé, enseignant chercheur à l'Université Savoie Mont Blanc, est venue parler du "philantourisme" qui consiste à consacrer une partie de son séjour à des actions utiles, solidaires ou écologiques. Elle met en avant le célèbre triptyque anthropologique "donner, recevoir et rendre". "Dans le tourisme il y a le don initial, qui est de donner accès à des ressources, à des paysages, à la communauté des gens qui vivent là où l'on vient en vacances. Recevoir, c'est l'importance de prendre conscience, en tant que touriste, que l'on reçoit quelque chose de la part des gens qui nous accueillent. Et le philantourisme c'est comment je rends tout cela ?". Elle explique que le philantourisme, au même titre que "chercher du sens au travail", c'est en quelque sorte "trouver du sens à ses vacances".





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