« Sur ce blocage, on a tout donné. Et on a fait quelque chose de beau »

La levée du blocage s'est fait dans le calme, après un dernier acte symbolique : le chant en chœur, tout en marchant, de l'hymne national de la Confédération paysanne. - ©Claire Castelar
Le 15 janvier sonnait la fin du blocage du dépôt pétrolier d'Albens après une semaine de mobilisation initiée par la Confédération paysanne de Savoie et Haute-Savoie, aux côtés de la Coordination rurale. Ces syndicats agricoles mènent depuis plusieurs mois une bataille pour s'opposer à la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et aux accords UE-Mercosur. Diverses actions ont été organisées partout en France. En Pays de Savoie, après le blocage de deux échangeurs routiers (Allonzier-la-Caille et Alby-sur-Chéran), c'est le blocage d'une "zone logistique de l'Albanais" qui avait été annoncé.
"On sera délogés par la force et on ne veut pas de violence"
Installés depuis le jeudi 8 janvier devant ce dépôt pétrolier, les militants pacifistes se savaient "menacés" de délogement dès le week-end par la préfecture. Après plusieurs visites des forces de l'ordre, et plusieurs "coups de pression" pour lever le camp, c'est finalement le jeudi suivant qu'un important dispositif de gendarmes, dont certains équipés de boucliers de maintien de l'ordre, a été déployé sur place dès l'aube. La tension était palpable, mais sans grande agitation. Et c'est en milieu de matinée que la décision a été annoncée publiquement par Manu Arandel, l'un des porte-paroles de la Confédération paysanne : "On lève le barrage car de toute façon, dans une heure ou deux, on sera délogés par la force et on ne veut pas de violence".
"On va repartir la tête haute, avec dignité, avec fierté"
Lors de ce dernier discours, en présence de la presse, c'est avec émotion que l'éleveur laitier a tenu à remercier "le bel élan de solidarité" qui s'est mis en place "pour continuer à faire tourner les fermes" et sur le lieu même du blocage. "On a eu du soutien d'entreprises, des agriculteurs syndiqués, non-syndiqués, de certains élus. Tout le monde a mis sa pierre à l'édifice pour mener à bien cette action. On va repartir la tête haute, avec dignité, avec fierté. Sur ce blocage, on a tout donné. Et on a fait quelque chose de beau".
"La préfète s'est déplacée sur le blocage, elle nous a écoutés"
Il s'est félicité de la visite de la préfète de la Savoie, Vanina Nicoli, qui a échangé avec eux pendant une heure de "dialogue constructif". "La préfète s'est déplacée sur le blocage, elle nous a écoutés, alors qu'au début elle proposait qu'on lève le camp et qu'on aille dans la foulée la rencontrer à la préfecture. On a pu faire passer notre message et obtenir une réunion dans les quinze jours pour discuter de la gestion de la DNC et de l'abattage total, première revendication de la colère agricole". Autre négociation qui a positivement abouti, comme indiqué dans le dernier communiqué de presse de la Confédération paysanne : "la levée des poursuites et amendes, mais surtout la mise en place d'une véritable cellule de gestion sanitaire dans les Savoie comprenant l'ensemble des syndicats agricoles ce que nous demandons depuis 6 mois".
"Le combat continue"
Le syndicat informe que "nos revendications restent inchangées", précisant "continuer à nous opposer fermement aux traités de libre-échange et à la gestion de la crise sanitaire qui sacrifient les paysans et leurs productions au nom du commerce international", avant de conclure : "Le combat continue et notre détermination reste intacte".




