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Un chantier d’ampleur pour un ouvrage unique

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Le Président du Conseil Départemental et différents élus sont venus constatés l'avancée des travaux.

Le Président du Conseil Départemental et différents élus sont venus constatés l'avancée des travaux. - ©Ducret Stéphane

Réparation et sécurisation du pont de l'abîme

Perché au-dessus du Chéran entre Cusy et Gruffy, le Pont de l'Abîme s'apprête à vivre une seconde jeunesse. Construit en 1887 par l'ingénieur Ferdinand Arnodin, cet ouvrage suspendu emblématique de la Haute-Savoie fait actuellement l'objet d'un chantier exceptionnel destiné à remplacer l'ensemble de ses câbles porteurs, fragilisés par le temps.

Lors d'une visite de chantier organisée par le Département de la Haute-Savoie, les équipes techniques ont présenté l'avancée des travaux, marquée par l'achèvement d'une étape particulièrement sensible : la mise en place des suspensions provisoires qui supportent désormais le poids du pont.

Un diagnostic alarmant en 2023

Suivi régulièrement depuis plusieurs décennies, le Pont de l'Abîme a fait l'objet d'investigations approfondies à la fin de l'année 2023. Ces examens ont révélé un endommagement interne inhabituel des câbles historiques, conduisant le Département à prendre une décision radicale : fermer immédiatement l'ouvrage à tous les usagers - automobilistes, cyclistes et piétons - afin de garantir la sécurité.

Face à ce constat, plusieurs études techniques ont été lancées en 2024 et 2025, en lien avec un architecte du patrimoine et les entreprises spécialisées appelées à intervenir sur ce monument historique.

Une opération complexe sur un ouvrage unique

Le choix retenu par le Département consiste à remplacer intégralement les câbles existants tout en conservant l'identité architecturale du pont. Une décision saluée par les élus, alors que la reconstruction totale ou la fermeture définitive auraient pu être envisagées.

" Nous avons fait le choix de préserver cet ouvrage exceptionnel ", a rappelé Lionel Tardy, vice-président du Département en charge des routes, soulignant la volonté de conserver l'aspect historique du pont malgré l'ampleur des travaux.

La première phase du chantier a consisté à construire des appuis provisoires et à installer de nouveaux câbles temporaires capables de reprendre l'ensemble des charges de l'ouvrage. Après plusieurs mois d'intervention, le transfert de charge a été réalisé avec succès la semaine dernière.

Concrètement, les câbles historiques sont désormais quasiment déchargés de leur fonction structurelle. Les entreprises peuvent donc engager la seconde étape du chantier : leur dépose progressive avant l'installation des nouveaux câbles définitifs.

Une prouesse technique suspendue au-dessus du vide

Pour mener à bien ces opérations, les équipes ont dû concevoir des équipements spécifiques. Une plateforme de travail mobile a notamment été installée sous le tablier afin de permettre le démontage des trottoirs métalliques puis la mise en place des nouvelles suspentes.

Des échafaudages de grande hauteur ont également été déployés au sommet des piles maçonnées afin d'accéder aux zones les plus sensibles de l'ouvrage.

Cette phase spectaculaire, visible depuis les abords du site, illustre toute la complexité d'une intervention sur un pont suspendu de près de 140 ans, classé parmi les ouvrages patrimoniaux majeurs du territoire.

Une découverte inattendue dans les chambres d'ancrage

Les études ont par ailleurs mis en lumière une différence importante entre les deux chambres d'ancrage du pont.

Grâce à la découverte d'archives historiques, les ingénieurs ont constaté que les deux rives n'avaient pas été conçues de la même manière. D'un côté, les câbles sont directement ancrés dans la roche. De l'autre, ils reposent sur un massif maçonné construit il y a plus d'un siècle.

Cette particularité impose aujourd'hui des investigations géotechniques complémentaires afin de vérifier la capacité portante de cette structure avant la réouverture du pont aux véhicules. Plusieurs solutions de renforcement sont actuellement à l'étude.

Un investissement de 6 millions d'euros

Le coût total de l'opération s'élève à 6 millions d'euros, intégralement financés par le Département de la Haute-Savoie.

Pour Martial Saddier, président du Département, cet investissement traduit une volonté politique forte de préserver le patrimoine tout en garantissant la sécurité des usagers.

L'élu a également souligné le caractère exceptionnel de cette restauration, menée simultanément avec d'autres grands chantiers départementaux, notamment celui du Pont de la Caille.

Réouverture prévue à l'automne 2027

Le calendrier est désormais bien établi. Après l'installation de la base-vie fin 2025 et le démarrage effectif des travaux en janvier 2026, la réouverture du Pont de l'Abîme est programmée pour l'automne 2027.

D'ici là, le pont restera totalement fermé à toute circulation. Les déviations par les routes départementales de Cusy et de Gruffy demeurent en vigueur.

À sa réouverture, les conditions d'exploitation évolueront : la circulation sera limitée aux véhicules de moins de 19 tonnes, avec une hauteur maximale de 3,30 mètres, une largeur de 3,40 mètres et une vitesse plafonnée à 30 km/h.

Un symbole du patrimoine savoyard sauvé

Avec ses 139 ans d'histoire et sa silhouette spectaculaire dominant les gorges du Chéran, le Pont de l'Abîme constitue bien plus qu'un simple ouvrage routier. Ce chantier hors norme vise à préserver un témoin majeur de l'ingénierie du XIXe siècle tout en lui offrant plusieurs décennies de vie supplémentaire.

Après des mois d'études et de préparation, le chantier entre désormais dans son cœur d'intervention. Si le calendrier est respecté, les habitants et visiteurs pourront retrouver ce monument emblématique à l'été 2027.

Explication du sytème d'encrage des câbles. - ©Ducret Stéphane
Explication du sytème d'encrage des câbles. - ©Ducret Stéphane

+ d'infos

hautesavoie.fr

Pendant les travaux, pour en savoir plus sur l'histoire et la construction du pont ainsi que sur la rénovation réalisée, une exposition est proposée par le Département de la Haute-Savoie. Elle est située au niveau de l'esplanade, côté Cusy.

Coût total de l'opération 6 millions d'euros pris en charge à 100% par le Conseil Départemental

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www.hebdo-des-savoie.fr

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